U… comme Uranie

Uranie est le nom d’une frégate qui arrive à Tahiti le 4 novembre 1843. L’histoire de ce bateau et en particulier celle de ses occupants m’intéresse tout particulièrement. A son bord près de 650 personnes (officiers et équipage) vont faire le voyage de Toulon à Tahiti pour installer le Protectorat à Tahiti. Un certain nombre de marins présents à bord seront à l’origine des plus grandes familles locales de Polynésie. 

Un long et périlleux voyage

L’Uranie est une frégate de 54,50 mètres hors tout, déplaçant 2560 tonneaux et armée de 60 canons. Construite à Toulon, elle entre en service en 1840. C’est donc un navire moderne et parfaitement équipé qui appareille de Toulon le 4 mai 1843 pour Tahiti.

L’objectif de l’expédition est d’instaurer le Protectorat de la France sur les lointaines îles de Polynésie. Cette mission est confiée  au  gouverneur BRUAT et  associé au  capitaine BONARD, commandant de l’Uranie

Arrivée à Nuku-Hiva aux Marquises le 16 septembre 1843, BRUAT estime la situation sans avenir aux Marquises et il fait route vers Tahiti où il arrive le 4 novembre 1843.

Sur place, il transmet la lettre de Louis-Philippe à la Reine Pomare qui ratifie  le traité de Protectorat. A partir de là commence l’installation de l’administration française en Océanie. 

La guerre franco-tahitienne (1844-1846)

Cette installation ne se fait pas sans heurts avec la population locale et avec la puissance anglaise présente aussi en Polynésie.  En 1844, sur l’île de Tahiti, des combats ont lieu entre les tahitiens et les marins de l’Uranie entraînant des pertes conséquentes de chaque côté. La guérilla prend fin avec la défaite des Tahitiens à la bataille de la Punaruu en mai 1846, ainsi qu’avec la prise du Fort de Fataua le 17 décembre 1846. 

A Huahine, les habitants de l’île s’opposent au Protectorat. Les combats de Maeva (Huahine) en 1846, se soldent par des pertes importantes côté français. L’enseigne de vaisseau Charles CLAPPIER (1822-1846) est tué à l’âge de 24 ans, avec une vingtaine d’autres soldats. 

Au final les habitants des îles sous le Vent (Huahine, Raiatea et Bora-Bora) et des Tuamotu refusent le Protectorat. Celui-ci ne s’applique qu’à Tahiti, Moorea et aux Marquises avec la Reine Pomare qui accepte de régner sous le régime du Protectorat.

L’expédition de l’Uranie prend fin le 25 mai 1847. Signature de la convention de Jarnac (19 juin 1847) à Londres où les gouvernements français et anglais reconnaissent l’indépendance des Iles sous le Vent et s’engagent à ne pas prendre possession de ces îles.

Ceux qui s’installent

Après le départ de l’Uranie, des hommes restent à Tahiti. Leur installation en tant que colon est très intéressante. Ils sont d’origine sociale et géographique variés et gardent longtemps après l’expédition de l’Uranie des liens privilégiés entre eux. 

2 réflexions sur “U… comme Uranie

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